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Reportage de Radio-Canada, 5 ans après le 11 septembre, une réalité inquiétante

En 2006 Radio-Canada a publié, soit 5 ans après les attentats du 11 septembre 2001, un reportage dit inquiétant, troublé par les attitudes violentes de certains musulmans.

Doit-on s'inquiéter en 2018 si déjà Radio-Canada s'inquiétait en 2006 ?

Si notre équipe a été troublée par les attitudes violentes de certains musulmans, elle l'a aussi été par l'amertume de toute une communauté qui, elle, se sent accusée à tort.

Voici un autre reportage de Radio-Canada :

À l'intérieur des mosquées

Pour mener notre enquête dans la communauté musulmane de Montréal, nous avons mis à contribution le journaliste d'origine algérienne Mohamed Sifaoui, un spécialiste des milieux islamistes violents, qui a notamment infiltré des cellules terroristes à Paris.

En s'attaquant aux islamistes violents, Mohamed Sifaoui a pris des risques. Aujourd'hui, sa tête est mise à prix sur Internet. Pendant trois semaines, cet été, le journaliste a vécu avec nous dans la communauté musulmane de Montréal. Il a fréquenté les mosquées, les cafés et les commerces.

De la propagande islamiste à Montréal

Mohamed Sifaoui a fait une première découverte dans un petit magasin de Côte-des-Neiges: un disque qui fait l'apologie du terrorisme, de la Guerre sainte et des attentats-suicides. On ne croyait plus trouver une telle propagande à Montréal. Durant les années 90, c'était pratique courante ici. Des reportages de Radio-Canada avaient montré des militants islamistes distribuant des cassettes à la sortie d'une importante mosquée de la métropole. Des cassettes glorifiant les moujahidines, les combattants musulmans en Afghanistan et en Bosnie.

Le vendredi 21 juillet, Mohamed Sifaoui s'est rendu une première fois à la mosquée Assuna pour assister au prêche du cheikh Omar Soufyane. On était en pleine crise entre le Liban et Israël. Selon le journaliste, l'imam de la mosquée, très en colère, a évoqué la crise au Proche-Orient et a terminé son discours en priant Dieu de tuer tous les ennemis de l'islam jusqu'au dernier. Mohamed Sifaoui: « Dans ce contexte, encore une fois, dans cette conjoncture internationale, je pense qu'il est totalement irresponsable de faire des voeux similaires. [...] De la part de quelqu'un qui se veut un guide. » Les jours suivants, notre collègue est retourné à la mosquée Assuna. Il a consulté les livres mis à la disposition des fidèles ou vendus à la librairie de la mosquée. Il a découvert des choses inquiétantes. Entre autres, le livre Fatwas, écrit par Ibnoun Baz, un idéologue de l'intégrisme musulman. Mohamed Sifaoui: « Mon attention a été retenue par celui-ci. Je savais que c'était un livre interdit dans certains pays musulmans, parce qu'il incite à la violence et au meurtre. Un exemple: répondant à une question qui lui est posée, cet idéologue, Ibnoun Baz, répond qu'il faut tuer tout musulman qui ne pratique pas sa religion. » Il a aussi découvert à la bibliothèque une revue prônant le djihad, la Guerre sainte. Ce magazine, publié à Londres, est interdit dans la plupart des pays du monde. Le mirage des droits de l'homme Avec Mohamed Sifaoui, l'équipe de Zone libre a assisté, le 29 juillet, à une manifestation du mouvement islamiste Justice et Spiritualité, fortement réprimé au Maroc. L'activité avait été annoncée dans les mosquées. Les manifestants dénonçaient, devant le Consulat général du Maroc, la violence dont ils sont victimes dans leur pays. Ils ont cependant refusé de reconnaître ouvertement qu'ils faisaient partie de Justice et Spiritualité. Ils ont dit appartenir à l'Observatoire canadien des droits de l'homme, une organisation créée quelques semaines auparavant. Ils ont peur de s'afficher ouvertement, même au Canada, parce qu'ils craignent les foudres des autorités marocaines. Ils se méfient des services secrets marocains. Mohamed Sifaoui s'est intégré aux manifestants, qui lui ont confié le véritable but de leur action. L'un d'eux a même expliqué au journaliste qu'il fallait laisser l'action politique pour passer au djihad. La députée québécoise Fatima Houda-Pepin, musulmane d'origine marocaine, dénonce ce genre de situation depuis longtemps: « Des éléments radicaux sont envoyés en mission ici avec un mandat bien précis. [...] pour propager au Canada un islam de l'étranger, et c'est cela que je dénonce. [...] Ils agissent non pas comme un groupe islamiste, ce qu'ils sont vraiment, mais comme un observatoire canadien des droits humains. Donc, ils s'approprient la notion des droits humains, ils s'approprient l'appartenance au Canada. [...] Vous voyez la sophistication atteinte par ces groupes. Ils sont très bien organisés, très bien financés, très bien structurés. » « Vous êtes les munitions de votre communauté » Le vendredi 11 août, trois semaines après son arrivée à Montréal, Mohamed Sifaoui enregistre à la mosquée Assuna le prêche prononcé par un remplaçant de l'imam. Là encore, la tension au Liban est à son comble, et le guide spirituel n'hésite pas à prendre parti. Mohamed Sifaoui: « Il parle naturellement de l'État d'Israël, qu'il traite de traînée ou de bâtard, pour essayer en quelque sorte de donner le ton au sermon qu'il allait faire par la suite. Il est dans un discours incitatif qui appelle les jeunes à se mobiliser et, d'ailleurs, il rappelle que les premiers musulmans, les premiers compagnons du prophète, avaient une moyenne d'âge de 17 à 18 ans. [...] Il appelle ces jeunes à se mobiliser, en clair à prendre part à ce que les islamistes appellent la Guerre sainte. D'ailleurs, il dit, s'adressant toujours aux jeunes: « vous êtes les munitions de notre communauté ». » Si, dans leur prêche, les imams que nous avons écoutés n'incitent jamais directement à la violence, leurs propos sont souvent agressifs. En dehors de la mosquée, Internet prend le relais, et les jeunes à la recherche d'identité deviennent une proie facile. Mohamed Sifaoui nous montre un site de terroristes, facilement accessible. On y voit des gens armés et encagoulés, comme dans les films d'action. De quoi fasciner certains adolescents. Une minorité radicale À la fin de son séjour à Montréal le journaliste Mohamed Sifaoui prend soin d'apporter des nuances: « À Montréal, il y a beaucoup plus de gens qui sont intégrés à la société canadienne, qui aiment le Canada, qui aiment le Québec, que de gens qui rejettent l'Occident. Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face, être angélique et dire que tout va bien. Non, il y a une minorité qui est en train d'essayer d'empoisonner la vie de tout le monde. » Des terroristes à Montréal? À Montréal, durant les années 90, les forces policières étaient loin de se douter de la présence d'éléments violents au sein de la communauté musulmane et de leurs liens possibles avec le terrorisme international. Fatima Houda-Pepin, députée à l'Assemblée nationale du Québec et musulmane originaire du Maroc, s'est rendu compte, dès cette époque, de la trop grande tolérance qui existe à Montréal face aux islamistes violents: « On ne s'est jamais réellement soucié du danger que ça représentait, tant et aussi longtemps qu'ils tuaient en Tunisie, qu'ils tuaient en Algérie, qu'ils tuaient en Égypte ou ailleurs. Ça se passait ailleurs et on n'a pas compris que l'ailleurs c'est ici. » Pendant les années 90, la guerre civile a déchiré l'Algérie, et de nombreuses victimes de la violence ont trouvé refuge à Montréal. Des victimes, mais aussi leurs bourreaux, comme l'explique Fatima Houda-Pepin. Profitant de la tolérance policière, des membres du GIA (Groupe islamique armé), qui terrorise l'Algérie, sont aussi venus au Québec. L'islamisme est un courant politique issu de l 'islam. Les islamistes estiment que l'islam n'est pas seulement une religion, au sens spirituel du mot, mais également un système de gouvernement.
Dans l'univers islamiste actuel, on peut distinguer deux grandes familles. Il existe, d'un côté, des groupes islamistes dits modérés. Ils sont organisés en associations ou en partis politiques intégrés dans le jeu démocratique. Leur objectif est d'instaurer le modèle de « gouvernement » mis en place par le prophète Mahomet et ses successeurs. Cette tendance peut être qualifiée de réformiste.
D'un autre côté, on retrouve des groupes islamistes armés qui prônent le renversement des régimes en place dans les pays musulmans, qualifiés d'impies. Leur objectif est l'instauration de la charia comme unique législation.

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