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Ce pays un des plus grands - Canada

Un grand hebdomadaire français affirmait, il y a longtemps, que Montréal n'était trois heures d'autoroute de Vancouver. Et pourtant, un avion commercial de type DC-8 met six heures à parcourir les 2 914 milles (4662, kilomètres) qui séparent à vol d'oiseau les deux villes, soit presque le temps nécessaire pour se rendre de Montréal à Londres.

Du cap Spear, à Terre-Neuve, jusqu'au mont Saint-Élie, au Yukon, soit du point le plus à l'est au point le plus à l'ouest du Canada, on compte 3223
 milles (5 187 km). La ligne nord-sud est plus courte: 2875 milles (4627 km).

Le Canada, avec une superficie de; 3 851 809 milles carrés (9 976 139 kilomètres carrés), est le deuxième plus grand pays du monde. Seule l'Union des Républiques socialistes soviétiques (U.R.S.S.) est plus vaste que le Canada. Malgré ses sept cent millions d'habitants, la Chin-e occupe un espace plus restreint. Avec une population près de trois fois supérieure à celle du Canada, la Grande-Bretagne est quarante fois plus petite. Il faudrait dix-huit Frances pour couvrir le territoire canadien.

Trois océans baignent les côtes du pays: l'Atlantique, le Pacifique et l'Océan Glacial Arc tique. Par voie de terre, le Canada ne touche qu'à un autre pays: les États-Unis. La frontière qui les sépare a une longueur de 3 987 milles (6 416 kilomètres). Cette frontière a été fixée à l'ouest à la hauteur du 49e degré de latitude nord et plus à l'est au 45e degré de latitude. Au centre, les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent servent de ligne de démarcation entre les deux pays.

Les dix provinces qui forment le Canada actuel ne jouissent pas d'une égale superficie.

Voici le pourcentage du territoire que chacune

  • Québec 15 %
  • Ontario 11 %
  • Colombie-Britannique 9.5 %
  • Alberta 7 %
  • Manitoba 6 %
  • Saskatchewan 6.5 %
  • Terre-Neuve 4 %
  • Nouveau-Brunswick 1 %
  • Nouvelle-Écosse
 1 %
  • Ile-du-Prince-Édouard 0.1%

Les Territoires du Nord-Ouest occupent pour leur part 38.5 pour cent de la superficie totale du Canada.

Deux provinces seulement, l'Alberta et la Saskatchewan, ne débouchent pas sur la mer. Le nord de l'Ontario et du Manitoba joint la baie d'Hudson. Un aussi facile accès aux océans fait que le trafic maritime canadien est très considérable. L'eau joue donc un rôle important. Sans être un pays ouvert à toutes les eaux, le Canada a une façade maritime impressionnante: 59 670 milles de côtes (96 030 km). H est vrai que les îles et les presqu'îles occupent respectivement 15 et 18 pour cent du territoire.

Sur le plan géologique, le Canada comprend cinq grandes régions. La première en importance porte le nom de «Bouclier canadien», parce qu'elle épouse «la forme d'un écu héraldique». Cette région va de Terre-Neuve aux abords de l'Alaska, comprenant le centre et le nord du Canada. C'est le noyau ancien du continent. La date de sa formation (Précambrien) va de 600 millions à quatre milliards d'années. Le Bouclier canadien est parsemé de lacs et de marais. La majeure partie du territoire qu'il couvre est impropre à l'agriculture, mais, par contre, le sous-sol est extrêmement riche en métaux de toutes sortes.

Au sud-est du Bouclier canadien, c'est la région des Appalaches, qui comprend le sud-est du Québec et les provinces atlantiques. La limite nord-est des Appalaches aboute au Bouclier canadien et aux Basses Terres du Saint-Laurent. Elles se composent de stratifications plissées et faîllées dans l'axe sud-ouest/nord-est. Les Appalaches comptent peu de sommets élevés et plusieurs secteurs sont propres à l'agriculture. Les minéralisations d'intérêt économique y sont intéressantes (amiante, cuivre, charbon, etc.)

Entre les montagnes Rocheuses et le Bouclier canadien se situe la région des Plaines intérieures. Cette dernière est caractérisée par un sol plat et quasi sans relief. Elle est composée surtout de sédiments marins et son sous-sol renferme plusieurs nappes de gaz naturel et de pétrole.

La région de la Cordillère va des montagnes Rocheuses à la côte du Pacifique. Au cours des temps géologiques, de nombreux bouleversements ont enfoui des forêts entières, d'où plusieurs gisements de houille, surtout dans la région du col du Nid-de-Corbeau. C'est dans la Cordil1ère que l'on trouve les sommets les plus élevés du Canada, principalement vers la frontière de l'Alaska.

La dernière des grandes régions géologiques est située au nord et comprend les îles de l'Arctique. Elle est inculte et inhabitée, mais elle porte quand même le joli nom d'Innuitienne. Le sommet le plus élevé des îles de l'Arctique, le mont Barbeau, atteint les 8 540 pieds (2 606 mètres). Plusieurs de ces îles sont recouvertes de calottes glaciaires, vestiges de celles qui recouvraient la majeure partie du Canada au Quaternaire, il y a à peine douze mille ans.

Malgré son immensité, le Canada a une très faible population. En 1970, une évaluation sommaire montrait qu'il ne comptait que 21 400 000 habitants, soit 5.62 habitants par mille carré. Le Canada ne représente que 0-6 pour cent de la population mondiale et, sur Terre, cent dix pays ont une densité de population plus élevée.

Non seulement le Canada est un pay s peu peuplé, mais encore sa population vit sur une partie très restreinte du territoire, surtout sur les rives des Grands Lacs et dans la vallée du Saint-Laurent. Un Canadien sur quatre vit à Montréal ou à Toronto; ce qui signifie que rurbanisation est forte. Actuellement, 75 pour cent de la population «vit en ville». En 1881, la situation était à l'opposé. L'équilibre entre la population urbaine et la population rurale se fit vers 1931. On prévoit qu'en l'an 2000, 90 pour cent des Canadiens habiteront les centres urbains. Trois provinces ont une urbanisation supérieure à la moyenne canadienne: l'Ontario (80.4 pour cent en 1966), le Québec (78.3 pour cent) et la Colombie-Britannique (75.3 pour cent).

Depuis 1957, le taux d'accroissement de la population n'a fait que décroître: de 32.9 par mille habitants, il n'était plus que de 15.3 en 1969. Par rapport à la population totale du Canada, la répartition proportionnelle par province a varié entre les années 1961 et 1969. Seules l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique ont augmenté leur pourcentage. La population approximative de chacune des provinces, en 1969, était la suivante:

  • Terre-Neuve 514 000 h., soit 2.4%
  • Ile-du-Prince-Édouard 110 000 h., soit 0.5%
  • Nouvelle-Écosse 763 000 h., soit .6%
  • Nouveau-Brunswick 625 000 h., soit 3.0%
  • Québec 5 984 000 h., soit 28.4%
  • Ontario 7 452 000 h., soit 35.4%
  • Manitoba 979 000 h., soit 4.6%
  • Saskatchewan 959 000 h., soit 4.6%
  • Alberta 1561000 h., soit 7.4%
  • Colombie-Britannique 2 067 000 h., soit 9.8%

Par suite d'une assez forte diminution du taux de natalité (taux brut en 1961: 26.1 naissances par mille habitants; en 1969:17.6), l'âge moyen de la population s'est élevé. En 1961, 33.9 pour cent de la population était âgée de moins de 15 ans; en 1969, ce pourcentage n'était plus que de 30.9 pour cent.

Au chapitre de l'origine ethnique, on peut certes parler de la «mosaïque canadienne». La plupart des groupes ethniques sont représentés. Voici, basée sur le recensement de 1961, l'origine ethnique des Canadiens et le pourcentage des groupes par rapport à la population totale:

  • Français 30.4% Suédois 0.1%
  • Anglais 23.0%, Autrichiens 0.6%
  • Écossais 10.4% Danois 0.5%
  • Irlandais 9.6% Tchèques 0.4%
  • Allemands  5.8% Yougoslaves 0.4%
  • Ukrainiens 2.6% Belges o.3%
  • Italiens 2.5% Finlandais 0.3%
  • Néerlandais 2.4% Grecs 0.3 9%
  • Polonais 1.8% Chinois 0.3%
  • Amérindiens 1.2% Islandais 0.2%
  • Juifs 1.0% Lithuaniens 0.2 %
  • Norvégiens 0.8% Roumains 0.2%
  • Hongrois 0.7% japonais 0.2%
  • Russes 0.7% Noirs 0.2%,

Les Amérindiens du Canada comptaient, «237 490 habitants en 1968.  Ils sont répartis en 556 bandes et la plupart vivent dans les 2 263 réserves ou villages, qui leur ont été «concédés». L'Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec comptent plus de la moitié de la population indienne. Fait important, 50 pour cent de cette population est âgée de moins de 16 ans.

La dernière composante importante de la mosaïque canadienne est la famille esquimaude. Elle comprend 16 000 personnes, vivant pour la plupart dans les Territoires du Nord-Ouest 3 2Ô0 habitent le Nouveau-Québec, 1 250, Labrador et 365, le Manitoba. Actuellement, le taux de natalité des Esquimaux est très élevé, soit environ trois fois celui du Canada. Par contre, le taux de mortalité infantile est de beaucoup supérieur au taux général du Canada.

En 1867, au moment où naissait la Confédération, le territoire canadien comprenait seulement le Québec, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ëcosse. Ce n'est que graduellement que le Canada s'est agrandi Trois ans après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, soit en 1870, le Manitoba fut rattaché au Canada, puis, l'année suivante, la Colombie-Britannique.

En 1873 - ile-du-Prince-Édouard cesse son obstruction et entre dans la Confédération. Le développement progressif de l'Ouest canadien amène, en 1905, la formation de deux nouvelles provinces, l'Alberta et la Saskatchewan. Et ce n'est qu'en 1949 que Terre-Neuve se décide à entrer dans la Confédération canadienne. Si, pour les Wendats ou Hurons, le mot «Canada» désignait tout simplement une ville ou un amas de cabanes, il n'en va donc plus de même aujourd'hui.

Les Amérindiens sont à l'origine des noms que portent quatre provinces: le Québec, l'Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan. Avant de désigner la province, le mot Québec ne s'appliquait qu'à la ville de Québec. Il signifie «détroit, rétrécissement», «là où la rivière est bouchée». Quant au mot Ontario, il a d'abord désigné le lac du même nom. Il réfère à l'escarpement des chutes Niagara, «rochers situés près des eaux». pour la Saskatchewan, c'est la rivière qui a légué son nom à la province. Le mot est d'origine cri et signifie «rivière rapide». Les Assiniboines donnaient à un lac, le nom de «Mine Toba», «eau des prairies» ou «lac des prairies»; «mine» signifiant «eau» et «toba», «prairie». D'où le nom de la province du Manitoba.

plusieurs villes canadiennes doivent leur nom à l'hommage que l'on voulait rendre soit aux souverains de la Grande-Bretagne, soit aux membres de leur famille. Rappelons-nous Victoria, Prince-Albert, Louiseville, pour ne nommer que ces endroits. Le Nouveau-Brunswick, l'Alberta et Île-du-Prince-Édouard se rattachent à cette coutume. Lorsqu'en 1784, Londres décide de détacher une partie de la Nouvelle-Écosse et d'en faire une colonie rattachée directement au gouvernement de la Métropole, les autorités veulent faire plaisir au beau-frère du roi George III, le duc de Brunswick et donnent son nom à nouvelle colonie. L'Ile-du-Prince-Édouard porta, jusqu'en 1780, le nom d'Ile-Saint-Jean. Mais la confusion devenait de plus en plus grande entre les endroits portant le nom de Saint-Jean. Le gouverneur de l'île, Walter Patterson, suggère alors d'adopter le nom de «Nouvelle-Irlande», Les autorités anglaises n'acceptent pas la suggestion et, en 1799, elles décident qu'à l'avenir on désignera la colonie sous le nom d'Ile-du-Prince-Édouard, en l'honneur du prince Édouard, duc de Kent, alors commandant en chef des troupes britanniques en Amérique du Nord. En 1883, une des filles de la reine Victoria, la princesse Louise-Caroline-Alberta, donne son nom au territoire qui deviendra province en 1905. Elle était l'épouse du gouverneur général du Canada, le marquis de Lorne.

Le nom de Nouvelle-Écosse apparaît en 1621. Cette année-là, le roi d'Angleterre et d'Écosse, Jacques 1er, «par et avec le consentement de son conseil écossais», concède à sir William Alexander un territoire équivalent actuellement au Nouveau-Brunswick, à la Nouvelle-Écosse, à la péninsule de Gaspé et aux îles d'Anticosti et du Prince-Édouard. Le nouveau propriétaire donne alors au territoire le nom de Nouvelle-Écosse.

L'Angleterre décide, en 1858, d'organisé t en colonie de la Couronne le territoire connu sous le nom de Nouvelle-Calédonie. Afin d'éviter toute confusion avec l'île de la Nouvelle-Calédonie, une possession française en Océanie, la reine Victoria suggère que la nouvelle colonie prenne le nom de Colombie-Britannique, rendant ainsi hommage au découvreur du continent américain, Christophe Colomb.

La province de Terre-Neuve est la première à avoir reçu la visite tant des explorateurs que des pêcheurs bretons et anglais. Ces derniers prirent l'habitude de désigner l'endroit du nom de terres neuves, terres nouvellement découvertes, «new found lands».

Quelle que soit l'origine de chacun te leur nom, les dix provinces sont administrées par onze gouvernements: un central et dix locaux. Le partage des pouvoirs, établi en 1867, s'est graduellement élargi au profit du gouvernement central Tout ce qui a trait aux relations avec les autres pays et la majeure partie de touche aux relations entre les différentes provinces appartiennent au gouvernement fédéral.

Un des principes les plus important établis en 1867 est que ce qui n'est pas expressément concédé aux gouvernements provincial! tient de droit et constitutionnellement au gouvernement central. Même les pouvoirs concédés expressément aux provinces sont limités dans leur projection à l'extérieur. L'Acie de l'Amérique du Nord britannique (British North America Act) stipule que l'éducation est du ressort exclusif des provinces. Mais il semble bien que les provinces ne peuvent conclure d'ententes dans ce domaine avec d'autres pays sans l'assentiment du gouvernement central «Toutefois, lorsqu'il s'agit de conclure formellement un accord international, précise Ottawa, les pouvoirs fédéraux relatifs à la signature des traités et à la conduite générale de la politique étrangère doivent nécessairement entrer en vigueur».

Le Parlement du Canada a le pouvoir
 exclusif de faire des lois dans les domaines suivants: les déclarations de guerre et de paix, la défense du territoire, le service militaire, la milice, la navigation et le transport aérien, la quarantaine et les hôpitaux de la marine, la pêche côtière, le service postal, la monnaie et l'émission de papier monnaie, les banques et l'intérêt de l'argent, les droits d'auteur et les brevets d'invention, la naturalisation des immigrants et tout ce qui a trait à la citoyenneté, les poids et mesures (par exemple, le changement du système anglais de poids et mesure et l'adoption du système métrique), le recensement de la population et les statistiques concernant tout le territoire canadien, les Indiens, ce qui a trait aux banqueroutes et aux faillites, le droit criminel et l'administration des pénitenciers, l'assurance-chômage et ce, depuis 1941.

Selon le texte de la Constitution canadienne, l'agriculture et l'immigration sont du ressort des deux paliers de gouvernement.

Les provinces ont le pouvoir de changer, seules, leur constitution interne. Le Québec, par exemple, a fait disparaître son Conseil législatif en 1968. Cependant, aucune province ne pourrait faire disparaître le poste de lieutenant-gouverneur sans l'assentiment du gouvernement fédéral. Le système hospitalier, les prisons, les maisons de correction sont du ressort provincial. Si le pouvoir central réglemente ce qui a trait au divorce, la cérémonie du mariage relève elle des provinces. Enfin, appartiennent aux provinces «toutes les matières d'une nature purement locale ou privée».

Depuis quelques années, plusieurs affirment que le nombre de gouvernements provinciaux est trop élevé et qu'on devrait, pour des raisons administratives, les réduire à cinq. Nous n'aurions plus alors, comme entités administratives provinciales, que la Colombie-Britannique, les Prairies, l'Ontario, le Québec et les Maritimes.

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