Pourquoi tant de Québécois tournent le dos à certains artistes ?

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Pourquoi une partie du public semble-t-elle avoir pris ses distances avec les artistes québécois ?

À mon avis, ce n'est pas uniquement une question d'argent ou de culture, mais aussi de confiance.

Pendant la crise de la COVID-19, plusieurs personnalités du milieu artistique ont pris publiquement position. Certains encourageaient fortement la vaccination, le port du masque et les mesures sanitaires. D'autres allaient jusqu'à ridiculiser ou critiquer sévèrement ceux qui exprimaient des doutes ou qui étaient en désaccord. Beaucoup de gens ont eu l'impression qu'on leur disait de se taire, d'obéir et de ne surtout pas remettre en question les décisions des autorités.

Aujourd'hui, plusieurs de ces mêmes artistes dénoncent leurs difficultés financières. Ils expliquent qu'ils peinent à vivre de leur métier, qu'ils doivent accepter un deuxième emploi et réclament davantage d'aide gouvernementale, voire un revenu garanti pour assurer leur stabilité.

Aujourd'hui, le discours a changé. Plusieurs expliquent qu'ils n'arrivent plus à vivre de leur métier, qu'ils doivent accepter un deuxième emploi et réclament davantage d'aide de l'État. Certains souhaitent même des programmes de soutien plus généreux pour compenser les périodes où ils ne travaillent pas.

Pour une partie de la population, le contraste est difficile à accepter. Plusieurs se disent : « Pendant que certains d'entre nous perdaient leur emploi, voyaient leur entreprise fermer ou traversaient des périodes très difficiles, on nous demandait de faire des sacrifices sans nous plaindre. Aujourd'hui, ce sont ces mêmes personnalités qui réclament davantage de soutien. »

Il faut aussi reconnaître une réalité : vivre de l'art est un défi. Ce n'est pas un métier facile, et tous les artistes ne connaissent pas le succès. Beaucoup travaillent énormément pour des revenus modestes. Mais cela ne signifie pas que le public est obligé d'appuyer toutes les demandes de financement ou d'accepter sans critique les revendications du milieu culturel.

Le problème, selon moi, est que certains donnent l'impression de vouloir bénéficier à la fois des avantages du travail autonome et d'un filet de sécurité financé par les contribuables lorsque les revenus diminuent. Cette perception alimente le mécontentement d'une partie de la population, surtout chez ceux qui n'ont pas accès aux mêmes programmes ou qui doivent simplement se trouver un autre emploi lorsque les temps sont plus difficiles.

Des milliers de Québécois vivent cette réalité depuis toujours. Quand un entrepreneur perd des contrats, quand un travailleur est mis à pied ou qu'un commerçant voit ses revenus chuter, personne ne lui garantit un salaire. Il se retrousse les manches, se réoriente ou trouve un autre emploi.

Personne ne force quelqu'un à choisir une carrière artistique. Comme dans n'importe quel domaine, certains réussissent à vivre de leur talent, d'autres non. C'est une réalité qui existe dans tous les métiers.

Je ne crois pas que les artistes soient détestés parce qu'ils sont artistes. Je pense plutôt que plusieurs citoyens ont perdu confiance envers certaines figures publiques du milieu culturel en raison de leurs prises de position passées et de ce qu'ils perçoivent aujourd'hui comme un manque de cohérence.

Le respect du public ne s'obtient pas parce qu'on est connu ou qu'on est artiste. Il se mérite. Et lorsqu'on passe des années à donner des leçons aux autres avant de demander leur solidarité, il ne faut pas être surpris si une partie de la population répond aujourd'hui avec beaucoup moins d'enthousiasme.

Dans un contexte où le coût de la vie augmente pour tout le monde, beaucoup estiment que chacun devrait être soumis aux mêmes réalités économiques, sans traitement particulier.