
Témoignage de Sonia Alari
Pendant longtemps, je me suis sentie muselée. Comme si on avait écrit DPJ sur ma bouche.
Oui, j'ai une histoire avec la DPJ.
Une histoire de violence conjugale. Une histoire où j'ai perdu la garde de mon fils. Une histoire où, à un certain moment, on parlait d'un placement jusqu'à sa majorité.
Mais j'ai refusé d'abandonner.
Je me suis battue pendant des années. Je n'ai manqué aucune visite, aucune rencontre, aucun rendez-vous médical, aucun rendez-vous scolaire. J'ai été présente, encore et encore, même lorsque tout semblait joué d'avance.
Puis, le placement jusqu'à sa majorité est devenu un retour progressif.
Et aujourd'hui, mon fils a 16 ans... et j'ai retrouvé sa garde.
Ce n'est pas arrivé par hasard. Ce n'est pas un miracle. C'est le résultat d'années de combat, de persévérance et d'amour.
Je ne suis pas encore prête à raconter toute cette histoire. Par respect pour mon fils, mais aussi parce que certaines pages demandent le bon moment pour être tournées.
Ce moment viendra.
Et quand je la raconterai, ce ne sera pas seulement notre histoire. Ce sera aussi celle de toutes les familles qui ont eu, un jour, l'impression qu'on avait essayé de leur enlever leur voix.
