
Après mûre réflexion, l’affaire Mylène Hébert me laisse encore perplexe.
Cette jeune femme affirme avoir été victime et dénonce publiquement certaines personnes qu’elle présente comme ses agresseurs, notamment des personnes liées au milieu politique ainsi qu’un chanteur québécois très populaire dans le monde du rock. Mais une question fondamentale demeure : comment savoir avec certitude ce qui s’est réellement passé?
Je ne prétends pas avoir la réponse.
D'un côté, il y a les accusations et le témoignage de Mylène Hébert. De l'autre, il y a les personnes mises en cause, qui contestent ces accusations. Le public, lui, se retrouve au milieu, souvent sans avoir accès à l'ensemble des éléments permettant de se faire une opinion éclairée.
Une autre question me vient alors à l'esprit : pourquoi cette affaire s'est-elle retrouvée devant les tribunaux?
On pourrait répondre simplement : parce que les personnes visées contestent les accusations et considèrent qu'elles sont fausses ou diffamatoires. Je peux comprendre cette logique.
Mais cela soulève une autre interrogation.
Si les accusations sont fausses, comment une personne accusée peut-elle démontrer qu'elles le sont? Et inversement, si une personne affirme avoir été victime, comment peut-elle démontrer des événements qui se seraient produits dans des circonstances où il n'y avait parfois aucun témoin?
C'est précisément là que les choses deviennent extrêmement complexes.
Une accusation n'est pas une preuve. Mais l'absence de preuve facilement accessible ne permet pas non plus de conclure automatiquement qu'un événement n'a jamais eu lieu.
La condamnation récente de Mylène Hébert pour outrage au tribunal ne permet d'ailleurs pas, à elle seule, de déterminer si les accusations qu'elle a formulées à l'égard d'autres personnes sont vraies ou fausses. Les deux questions doivent être distinguées. La condamnation rapportée concerne le respect d'ordonnances judiciaires.
Alors, plutôt que de choisir immédiatement un camp, je préfère poser des questions.
Qu'est-ce qui peut être démontré? Qu'est-ce qui ne peut pas l'être? Quels éléments ont été présentés devant les tribunaux? Et surtout, qu'est-ce que le public ignore encore?
Parce qu'au bout du compte, il ne devrait pas s'agir de croire aveuglément une personne ou de défendre automatiquement celles qu'elle accuse.
Il devrait s'agir de chercher la vérité.
Et parfois, chercher la vérité signifie simplement avoir le courage de dire :
Sauf qu’au bout du compte, même avec toutes les règles de droit, les procédures judiciaires et les éléments présentés devant un tribunal, personne ne peut réellement savoir avec certitude ce que Mylène Hébert a vécu ou non. Un tribunal peut déterminer ce qui a été prouvé selon les règles de preuve, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’il peut établir toute la réalité d’événements qui se seraient déroulés en privé, parfois des années auparavant.
C’est justement ce qui rend ce genre d’affaire si difficile : ne pas pouvoir prouver qu’un événement a eu lieu ne signifie pas automatiquement qu’il n’a jamais eu lieu, tout comme une accusation ne constitue pas, à elle seule, une preuve que l’événement s’est produit.
Au bout du compte, dans ce genre d’affaire, ceux qui sont accusés partent avec un avantage judiciaire évident : s’il n’y a pas suffisamment de preuves pour établir leur responsabilité, ils ne peuvent pas être condamnés.
Mais cela laisse une zone grise qui dérange : une décision judiciaire peut déterminer ce qui a été démontré devant le tribunal, sans nécessairement permettre de savoir avec certitude tout ce qui s’est réellement passé.
C’est peut-être là toute la difficulté de cette affaire. Si les accusations sont fausses, les personnes visées ont évidemment le droit de se défendre. Mais si les événements dénoncés ont réellement eu lieu et qu’ils ne peuvent simplement pas être prouvés, alors la justice peut-elle réellement permettre de connaître toute la vérité?
Dans les deux cas, le public doit reconnaître une chose : un verdict judiciaire et la vérité absolue sur ce qui s’est passé ne sont pas nécessairement la même chose.
« Je ne sais pas. Mais je veux savoir. »
